Interview
Dynamite Shakers
Quatuor explosif du rock français
Le 6 mai, les Dynamite Shakers dévoileront « Cinéma », leur nouvel EP. Après un premier album explosif « Don’t Be Boring », ils ont choisi de passer au français pour ce projet ! Rencontre avec Lila-Rose (chanteuse et bassiste), Calvin (guitariste), Elouan (guitariste et chanteur) et François (batteur).

Vous sortez un nouvel EP le 6 mai prochain, comment il est né, comment vous l’avez construit ?
Elouan — En fait, au début on ne s’est pas dit « tiens, on va faire un EP. » C’est juste plein de morceaux qu’on a composés depuis un an et demi, un an. Et puis on s’est dit « bah tiens, ils iraient bien ensemble pour un petit mix, un petit mélange ». Donc on a composé, il y en a qu’on a fait tous ensemble, d’autres c’est Lila dans son coin, qui a amené les paroles et la structure, d’autres c’est moi qui ai amené les paroles et la structure. Et puis ça parle de ce qu’on vit au quotidien, des petites soirées, des petites rencontres, des choses comme ça.
C’est un genre de petit univers que vous vouliez transmettre ?
Elouan — Ouais, de fou. Nous, on parle de ce qu’on vit.
Qu’est-ce que vous voulez que l’auditeur ressente un peu à l’écoute de cet EP ?
Elouan — Qu’il se dise qu’on est hyper fort en musique. (rires) Nan mais que ça lui plaise quoi. Qu’il capte un peu aussi notre univers. Et puis qu’il aime le rock.
Vous composez tous, mais pas forcément tous ensemble sur les musiques. Comment ça se passe, vous amenez un peu tous chacun votre patte ?
Elouan — C’est plutôt Lila et moi qui amenons les parties instrus et les paroles. Et après on met en commun tous ensemble et chacun amène sa petite idée d’arrangements, et puis sa façon de jouer aussi. Par exemple, Calvin et moi, on joue de la guitare mais on joue carrément pas pareil. Donc parfois je vais avoir une idée, mais je vais pas pouvoir la jouer. Ou alors je me dis que ça lui correspondrait mieux parce qu’il n’a pas le même touché sur le manche.
Calvin — Et inversement.
Elouan — Tout à fait.
Comment vous choisissez qui chante ? Lila, tu chantes plus sur ces 2 dernières musiques [Nightclub et Cinéma], alors que dans le premier album il n’y avait qu’une musique il me semble où tu chantais.
Lila-Rose — Ouais, le premier album, j’ai aussi composé des morceaux, mais je partais du principe que j’allais les filer à Elouan et c’est lui qui allait les chanter. Et puis en fait, dans le premier album, il y a une ballade qui s’appelle The Gate, c’est la première chanson que je chante. Et c’est Elouan qui m’a dit « c’est toi qui l’a composée donc vas-y, chante, ta voix ça marche trop dessus ». Et du coup on a un peu gardé cette façon de faire où quand c’est moi qui compose le morceau, je chante. Ou alors parfois dans l’album on va se partager des chants au sein du même morceau. C’est un peu en fonction du morceau, ce qui marche le mieux.
Est-ce que vous avez eu des artistes qui vous ont influencé ? Pas forcément que pour l’EP, mais pour votre musique en général ?
Lila-Rose — La plus grosse je dirais que c’est les Arctic Monkeys.
Elouan — Par exemple, pour le fait de se partager les parties, les top lines des morceaux, c’est les Libertines qui nous ont beaucoup inspirés. Pete Doherty et Carl Barât, les 2 chanteurs leaders, ils se sont toujours échangés les parties et c’est quelque chose qu’on aime faire et qu’on essaye. Alors parfois on chante en même temps et parfois c’est chacun son couplet ou chacun son refrain. Mais après pour cet album, chacun amène ses influences. Calvin il va être plutôt sixties dans ses solos, ça va être plutôt années 60. François, son jeu de batterie, il est fan de Keith Moon, mais il y a aussi les Hives dans le lot, donc il met des breaks dans tous les sens. Et puis il aime bien aussi quand ça tape fort quoi, forcément. Lila, je pense, tu t’es pas mal inspirée de ce que tu écoutes en artiste aussi, dans le fait d’amener de l’air aussi dans le champ. Donc en vrai, on écoute plein de trucs, des années 50 aux années 2000, il y a plein de choses, plein de groupes.
Et même pour le live, j’ai vu que vous vous inspiriez parfois, vous regardez un peu les lives d’autres artistes pour vous inspirer de leur univers ?
Elouan — Ouais, pas mal ouais. Par exemple, on a cité les Arctic Monkeys, mais par contre on s’inspire pas du tout de leur live parce que ça bouge pas du tout sur scène. Donc on aime plutôt typiquement les Stooges où Iggy Pop il se tortille dans tous les sens, ça c’est sympa. Après les Stray Cats, à l’époque on écoutait beaucoup, on regardait beaucoup de lives parce qu’il a une guitare et puis il bouge quand même à fond.
François — Niveau énergie sur scène Les Hives aussi.
Elouan — Ouais carrément Les Hives, tout ce qui est punk 77 aussi, les Damned, les Ramones et tout, ça envoie du steak.
Lila-Rose — Il y a aussi Sonic Youth et les Pixies parce qu’en plus elles ont une bassiste femme, Kim Deal et Kim Gordon. Donc c’est hyper inspirant à regarder en live aussi en tant que femme bassiste.
Pourquoi ce choix de chanter en français cette fois et pas en anglais sur les nouveaux singles ?
Elouan — Déjà l’anglais, pour expliquer, c’est parce que tout ce qu’on écoutait c’était de l’anglais. Donc quand on s’est mis à composer, on voulait vraiment ressembler à ceux qu’on écoutait. Quand on avait 18-19 ans, on était des giga fans un peu obsessionnels. Et après, au bout d’un moment, on tournait un petit peu sur les mêmes rimes. Même si c’est pas des trucs giga compliqués, ce qu’on raconte, c’est notre vie, mais on voulait être un peu plus précis, et l’anglais, vu qu’on est pas bilingue, ça avait ses limites. Donc le français il s’est imposé et depuis qu’on s’y est mis, on regrette pas du tout et c’est tellement plus simple. Enfin non, c’est plus dur quand même parce que forcément tu peux vite être gênant. C’est plus dur forcément d’écrire. Donc c’est bien, ça rajoute un petit challenge. C’est plus dur, mais au moins on est plus raccord avec ce qu’on raconte et on préfère.
« C’est plus dur, mais au moins on est plus raccord avec ce qu’on raconte et on préfère. »
Le titre Nightclub par exemple, vous l’avez aussi en anglais. Vous l’avez écrit d’abord en anglais ou en français ?
Elouan — Lila l’a écrit en anglais. Et puis le déclic qu’on a eu, il s’est fait un petit peu plus tard. Mais on aimait tellement ce morceau qu’on s’est dit « bah tiens, faut qu’on le garde et puis qu’on le passe en français ». Mais on aimait bien les deux versions, c’est pour ça qu’on a sorti les deux versions. On trouvait con de jeter l’anglaise et de ne jamais la sortir.
Pour revenir sur le live, j’ai vu que vous aviez fait énormément de dates depuis le début. Vous avez même trouvé votre nom de groupe pendant un live ?
Elouan — Lors de notre tout premier concert, on n’avait pas de nom et on a demandé au public de mettre dans une urne des idées. Et dans le lot, il y avait Dynamite Shakers, et c’est ce qu’on a choisi.
« On n’avait pas de nom et on a demandé au public de mettre dans une urne des idées. Dans le lot, il y avait Dynamite Shakers, et c’est ce qu’on a choisi. »
Est-ce qu’il y a une salle ou un festival qui serait un peu le goal ultime pour vous ?
François — Je pense que ce serait les grosses lettres rouges sur l’Olympia. Être nommé en façade. Une tête d’affiche à l’Olympia, ce serait bien sympa. Vous en pensez quoi vous ?
Elouan — Ouais, ce serait un bon accomplissement.
Quand vous jouez sur scène, est-ce que c’est un moment pour vous où vous lâchez un peu prise ? Vous vous laissez aller dans l’impro ou c’est quand même bien millimétré, bien préparé ?
François — Bah en vrai oui, complètement, on se lâche quand même. Au niveau des moves aussi, surtout vous 3 qui êtes devant, parce que moi à la batterie, je suis statique donc il n’y a pas de problème. Mais vous, vous êtes debout devant, donc vous parlez un peu de comment bouger sur scène pour que personne ne cache l’autre.
Elouan — Pour ce qui est de la musique, c’est ultra carré par contre, on ne fait pas d’impro. Parfois on laisse durer des moments, mais c’est rare. On essaie d’être carré, ça on n’aime pas trop changer. Mais oui, comme disait François, pour ce qui est des moves, là y’a pas de chorégraphie préparée à l’avance. C’est pas l’objectif, si ça peut être un peu le bordel, tant mieux !
François — En essayant d’éviter de se foncer dedans.
Elouan — Des fois je tape dans Calvin, ça l’énerve mais je fais pas exprès. (rires)
Comment vous décririez votre musique pour quelqu’un qui ne vous connaît pas pour qu’il ait envie de vous connaître ?
Elouan — Je pense que c’est quelque chose d’assez brut par rapport à ce qu’on peut entendre aujourd’hui. C’est très guitare, batterie, basse, enfin c’est ce qu’on joue. Maintenant dans le prochain album, il y a quand même des petits claviers qui ont été rajoutés, mais c’est pas les éléments principaux, ça permet juste de donner une texture et une atmosphère. Mais donc je dirais, c’est assez brut et assez saccadé, vif.
Calvin — Ouais, y a du mouvement.
Elouan — Il y a du mouvement, il y a de l’énergie. Je pense que c’est ça qui peut ressortir.
« C’est assez brut et assez saccadé, vif. Il y a du mouvement, il y a de l’énergie. »
Est-ce qu’il y a un titre de votre discographie que vous conseillez à écouter en premier ?
Elouan — Je pense que Ridiculous dans le premier album, il définit bien le style qu’on joue. Ou sinon Cinéma, le nouveau single qui vient tout juste de sortir, mais ça change de ce qu’on a fait jusqu’à présent donc ça nous représente pas encore, mais c’est ce vers quoi on va aller. Et pas que en fait !