Interview

GANS

COMMENT ENFLAMMER LE PUBLIC

Après un premier album électrique “Good for the soul” sorti en 2025, GANS, groupe post-punk britannique, s’est produit aux Eurockéennes le 4 juillet sur la scène de La Loggia. Un concert enflammé avec un public qui s’est rapidement pris au jeu !
Rencontre avec Thomas et Euan avant leur concert pour parler de live et de public.

© Benji Charles

Si vous deviez résumer votre musique en trois mots, ce serait quoi ?

Euan : Euh, puissante… ou plutôt palpitante, erratique et excitante.

Votre album s’appelle Good for the soul, est-ce que créer cette musique a fait du bien à votre âme ?

Thomas : On espère. C’était bon pour notre âme parce qu’on avait besoin d’écrire cet album. C’est un peu sorti de notre amitié à tous les deux, donc on espère que c’est bon pour l’âme des autres aussi. Ça donne l’impression que c’était il y a si longtemps maintenant. Il se passe tellement de choses dans la vie. Les choses changent si vite. Donc parfois, quand on parle des choses avec du recul comme ça, ça donne l’impression d’un mirage lointain dans le passé. Mais j’espère que ça a été bon pour l’âme des gens ces 9 derniers mois, ce qui semble déjà loin.

Est-ce que les gens vous disent, en sortant de vos concerts, que ça leur a fait du bien ? Comment voulez-vous qu’ils se sentent en sortant ?

Euan : C’est marrant en fait, chaque fois que quelqu’un vient nous voir et dit « oh, l’album est vraiment cool », c’est toujours une surprise pour nous que quelqu’un ait investi son temps à l’écouter. Donc ça compte beaucoup pour nous que les gens disent ça. On a eu quelqu’un qui a dit avoir écouté Old George sur le disque, ou la dernière chanson, Well Done. Les gens ont dit qu’écouter ça les avait rendus émotifs, les avait bouleversés et fait pleurer, ce genre de chose. Et j’ai trouvé ça vraiment intéressant, parce que c’est une œuvre d’art qu’on a créée à travers nos esprits. Et le fait que ça ait cette résonance émotionnelle chez quelqu’un, c’est vraiment intéressant. Et j’aime vraiment ça. 

Thomas : En Europe, quand on descend de scène et que les gens ont passé un bon moment, ils disent “merci pour la musique”. Et on adore vraiment ça, parce qu’au Royaume-Uni, les gens sont tellement grognons, ils restent juste assis là à vous regarder fixement, ils veulent être impressionnés. Alors qu’en Europe, surtout en France et en Allemagne, qui sont deux de nos pays préférés au monde, les gens disent merci et on apprécie ça.

Donc le public français, ou le public européen, est plus facile que le public britannique ?

Thomas : Je ne dirais pas plus facile, mais plus honnête, plus réfléchi. Si vous mettez de l’énergie et que vous passez un bon moment, ils passent un bon moment. Si votre énergie n’est pas là, ou que vous pensez que vous êtes les meilleurs, que vous êtes un peu égocentriques, ils vous repèrent vraiment vite. Mais comme j’ai dit, on a joué au Pop Up à Paris en avril, et on avait l’impression que tout le bâtiment tremblait. Et on a eu 100 personnes qui sont venues nous dire “merci pour cette musique”. Et c’est ça, la différence où les Anglais sont un peu plus cyniques et grognons.

Plus critiques ?

Thomas : Oui, clairement.

© Violette Fauchon

« Le live, c’est comme l’Eglise de la musique. Sur les réseaux sociaux, on peut enjoliver et mentir. Alors que quand vous jouez devant un public de 100 personnes, 10 000 personnes, vous ne pouvez pas vraiment mentir. »


A quel point le live est important pour vous ? Comment vous sentez-vous sur scène ?

Thomas : L’année dernière on a fait 156 concerts, et cette année on en a encore 140. Le live, c’est comme l’Eglise de la musique. Sur les réseaux sociaux, on peut enjoliver et mentir. Alors que quand vous jouez devant un public de 100 personnes, 10 000 personnes, vous ne pouvez pas vraiment mentir. Donc c’est super important pour nous, on adore la scène.

Euan : C’est intéressant le fait de transférer son énergie dans d’autres personnes via la musique. Le fait qu’on puisse créer un son, qui ensuite quand il entre dans les oreilles des gens, les fait commencer à bouger, et danser, c’est une chose tellement étrange en théorie, mais c’est phénoménal. Quand on joue, surtout dans des festivals et des foules qui ne nous ont jamais vus, c’est un peu comme regarder des atomes chauffer sous un microscope, parce que tout le monde commence un peu à bouger. Et puis finalement l’énergie sort, et c’est comme si vous attisiez une flamme. Et puis voir tout le monde perdre la tête et devenir chaotique, ce transfert d’énergie, c’est quelque chose qu’on adore tous les deux.

Est-ce que c’est plus dur de jouer en festival, ou vous trouvez ça amusant pour cette raison ?

Euan : Je pense que c’est un défi différent. On dit toujours que chaque concert est un puzzle qu’il faut résoudre. Vous voulez rendre le public absolument fou, donc il faut essayer de comprendre comment faire ça. C’est toujours comme une tâche intéressante à chaque fois. J’adore jouer en festival, et Thomas aussi. Au lieu de juste jouer pour vos propres fans ou des gens qui ont payé des billets pour vous voir, vous lancez un plus grand filet et vous essayez d’attraper tous ces gens qui ne vous ont jamais vus. Vous essayez de les intriguer et de les séduire, c’est vraiment intéressant.


« On dit toujours que chaque concert est un puzzle qu’il faut résoudre. »


© Violette Fauchon

Est-ce qu’il y a un festival où vous rêvez de jouer un jour ?

Euan : Celui qu’on dit toujours c’est Glastonbury, comme on y a jamais joué et c’est évidemment l’un des plus gros au Royaume-Uni. 

Thomas : Glastonbury c’est LE festival, surtout comme on est issus de la classe ouvrière du Royaume-Uni. On n’a jamais pu se permettre d’aller à Glastonbury. Donc l’idée d’y jouer pour la première fois, d’y aller et de jouer, c’est un rêve.

· Instagram · TikTok

En savoir plus sur Plume o'Q

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture