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    Osam

    Interview

    Osam

    Entre tradition et modernité

    Osam vient tout juste de sortir son nouvel EP « Mars ». 3 titres pour faire voyager l’auditeur vers l’inconnu ! L’artiste franco-palestinien propose un univers unique avec l’intégration du Oud, instrument traditionnel arabe et méditerranéen, à ses compositions électroniques.

    Portrait d'Osam en veste imprimée vache, ciel de crépuscule en arrière-plan
    © Zoé Cavaro

    « C’est un univers un peu inventé, un peu nouveau, entre rock et électro oriental. »


    Comment tu as commencé la musique ? Qu’est-ce qui t’a donné envie de lancer un projet artistique ?

    Depuis tout petit, je savais que je voulais être musicien. C’est le chemin un peu différent que je voulais prendre dans la culture qui m’entourait là où j’ai grandi avec ma famille. Du coup, j’ai toujours voulu être musicien, faire un truc différent, sortir de ce cercle qu’on avait. Et petit à petit, j’ai rencontré cet instrument, le oud, dans les petites rues du centre ville de Jordanie en vacances avec ma famille. Et je me suis dit que j’avais envie de jouer de ça parce que c’était le seul instrument que j’avais découvert à ce moment-là, vu là où j’ai grandi, il n’y avait pas beaucoup de culture musicale ou des études de musique, donc on n’était pas trop présenté à d’autres instruments. Donc l’oud c’était l’instrument clé pour moi pour essayer d’avoir accès à la musique. Ma famille m’a offert un vrai ou à un moment donné, j’ai commencé à m’entraîner tout seul. Et petit à petit, c’est devenu de plus en plus sérieux.

    Tu peux nous décrire un peu cet instrument ?

    C’est un instrument traditionnel avec lequel on fait souvent de la musique traditionnelle pour accompagner des chanteurs et des chanteuses. On n’a pas trop l’habitude de jouer de cet instrument comme je le fais aujourd’hui : un peu plus électro, amplifié comme un peu comme une guitare électrique. C’est un instrument qui vient de luth, qui est assez bas en volume, qui ne permet pas beaucoup de faire de la musique un peu forte, un peu dynamique parfois, etc. Parce que pour des questions techniques, sonores, parfois c’est compliqué. Donc voilà, il faut toujours trouver l’équilibre, comment sonoriser cet instrument, comment jouer avec ce mélange là… Donc aujourd’hui j’arrive enfin à twister cet instrument et l’emmener vers un monde un peu différent de son monde original, classique, traditionnel.

    Tu avais aussi sorti de la musique avant sous un autre nom. Qu’est-ce qui a entraîné au changement ?

    Je crois que c’est le changement de direction musicale. Je voulais vraiment faire la différence entre le premier projet que je trouvais un peu trop timide. Je voulais casser tout ça, je voulais aller un peu plus loin, plus électro, plus rock, etc. Et je voulais accompagner tout ça avec un nouveau nom, une nouvelle identité, tout recommencer parce que c’est un nouveau challenge.


    « Je voulais aller un peu plus loin, plus électro, plus rock. »


    Ton nouvel EP vient de sortir aujourd’hui, est-ce que tu peux nous parler un peu de ce projet, nous raconter son écriture, sa naissance ?

    Ça a pris beaucoup d’années à écrire cet EP. Il y a aussi la suite qui va suivre dans les prochains mois. Et tout ça, ça a pris des années d’écriture et aussi de retours en arrière, parce que c’est pas juste l’écriture qui compte, c’est l’écriture et l’écoute, c’est revenir dessus quelques mois plus tard, voir si ça me plaît toujours ou pas. Et puis les rencontres que j’ai faites au fur et à mesure avec d’autres musiciens, avec des gens avec qui j’ai collaboré. Donc petit à petit, ça s’est construit comme ça. Je savais à un moment donné que j’avais envie d’écrire un texte, j’avais envie de chanter sur un morceau. Je voulais travailler avec un directeur musical que je connaissais de loin, qui travaillait avec Woodkid, avec Danyl, avec Eddy de Pretto, etc. J’aimais beaucoup ce qu’il faisait, et à un moment donné, on s’est rencontré par hasard. Il a écouté ma musique, il a kiffé, du coup on a commencé à travailler ensemble sur ce morceau et on a fait « Mars », qui se démarque un peu dans cet EP parce qu’il a un format un peu différent, moins instrumental, plus « pop ». Et puis dans la globalité, pour moi c’est vraiment comme un voyage à la rencontre de l’inconnu. C’est des mondes un peu différents du mien d’habitude, que j’essaye de découvrir. J’essaye d’aller plus loin, chercher d’autres styles musicaux, des choses avec lesquelles je suis pas forcément à l’aise d’habitude. Je plonge dedans et le voyage va continuer encore, avec la sortie d’album plus tard. Donc c’est toute une histoire qui va s’écrire au fur et à mesure.

    Pochette de l'EP Mars d'Osam, l'artiste au sol entouré de son clavier et de son oud

    Qu’est-ce que tu aimerais que les gens ressentent quand ils écoutent cet EP ?

    J’aimerais qu’ils découvrent avec moi quelque chose qu’ils n’ont jamais écouté avant, des sensations qu’ils n’ont jamais senties avant. Parce que c’est un style assez particulier, c’est des partis pris assez importants. Du coup, j’aimerais emmener les gens en voyage un peu avec moi. Et c’est aussi le live qui va amener ça. J’ai hâte que les gens découvrent ça en live. Qu’ils viennent fêter ça avec moi, qu’on voyage tous ensemble, chacun avec son imagination !


    « J’aimerais qu’ils découvrent avec moi quelque chose qu’ils n’ont jamais écouté avant, des sensations qu’ils n’ont jamais senties avant. »


    Du coup, en live, est-ce que. Comment tu vas retranscrire un peu cette ambiance, cet univers particulier ? Est-ce que est-ce que tu as travaillé sur un format particulier ?

    Quand j’écris ma musique, je pense toujours au live. Toute l’énergie que j’essaye de montrer dans l’album ou dans l’EP, pour moi ça prend encore plus un sens en live quand les gens sont devant moi, quand je partage ça avec mes musiciens. Et c’est une énergie assez particulière parce que le mélange électronique avec des instruments acoustiques, avec un instrument traditionnel et parfois des instruments de jazz… on a pas l’habitude de les voir sous ce format là. J’ai hâte de découvrir ce que ça va faire au public en live, quand les voix se mélangent de manière un peu inhabituelles.


    « C’est une énergie assez particulière parce que le mélange électronique avec des instruments acoustiques, avec un instrument traditionnel et parfois des instruments de jazz… on a pas l’habitude de les voir sous ce format là. »


    Comment tu travailles avec le oud pour l’amener justement sur un format plus électronique en live ?

    Quand c’est l’instrument acoustique, il faut doser, il faut savoir ce qui marche, ce qui ne marche pas en termes de dosage, en termes de volume acoustique. Parfois c’est impossible à utiliser parce que le volume sonore est très élevé, surtout en live. Du coup, je travaille aussi avec le oud en version électrique pour pouvoir l’amplifier et le brancher avec des pédales de guitare.

    Tu es franco-palestinien et tu as grandi au Qatar. Est-ce que cette double culture influence ta manière de faire de la musique ?

    Je pense que c’est plutôt une triple culture parce que ça fait 15 ans que je suis à Paris. Tout ce mélange entre Paris, entre là où j’ai grandi, entre mes origines palestiniennes… forcément ça joue sur mon style musical, mes influences. La musique et la culture avec laquelle j’ai grandi m’ont influencé. Et puis ma vie à Paris depuis 15 ans marque la différence dans ma musique aujourd’hui. Ce mélange entre la grande ville, l’énergie, le dynamique… et puis il y a l’instrument traditionnel. Il y a tous ces mélanges là qui dialoguent ensemble en même temps. Je ne dis pas que je veux faire ce mélange exprès, mais automatiquement, ça sort de moi comme ça parce que c’est mon histoire !


    « Tout ce mélange entre Paris, entre là où j’ai grandi, entre mes origines palestiniennes… forcément ça joue sur mon style musical, mes influences. »


    Est-ce qu’il y a des artistes en particulier qui t’ont inspiré ?

    Aujourd’hui, je suis très influencé par des artistes un peu complets, qui ont une vision très cinématographique, très esthétique. C’est quelque chose que j’ai en moi aussi. Je pense un peu à tout. Je pense à l’image, je pense à l’esthétique, je pense aux vêtements sur scène. Et du coup, je suis très inspirée par des artistes comme ça, comme Woodkid qui travaille beaucoup son image aussi, ses clips, etc. Il est assez complet, ça m’inspire beaucoup. Je suis assez inspiré par par Radiohead, par Bjork, des gens qui cherchent toujours à se renouveler, à aller plus loin, à chercher de nouvelles sonorités un peu inattendues.

    Tu nous as parlé d’un album, une continuité à cet EP ? C’est quelque chose qui arrive bientôt ?

    C’est toute une histoire. Pour moi, là, c’est juste le départ et ça va se compléter plus tard. Et ça va se démarquer par des collabs avec des artistes français, notamment un artiste avec qui j’ai collaboré. Je ne peux pas dire le nom encore, mais un artiste très connu dans l’electro. C’est des collabs un peu inattendues encore. On va aller plus loin, on va découvrir un autre monde encore un peu plus poussé entre l’électro et la musique traditionnelle. Tout ce mélange qu’on voit déjà dans l’EP.

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