Interview
The Odds
Pop rock à la française
Rencontre avec Tarka, Julien, César et Alexis du groupe The Odds. Après une date au Trianon enflammée, le groupe qui met un point d’honneur à faire vivre la pop-rock française nous parle de son parcours et de sa relation au live.

Comment vous avez créé ce groupe ?
Tarka — On a débuté ce groupe pendant le Covid, en 2020-2021 à peu près, pendant le confinement. Avec Julien et César, on n’avait rien à faire et du coup avec César, on commençait un peu le rap. Juju aussi, tu faisais un peu de rap et en fait c’était pas ouf. Et après on s’est dit « venez, on fait un groupe de rock ». On commence un peu les instruments et on avait aussi l’aide de Yarol Poupaud qui nous a un peu mis dans le bain du rock n’roll français.
Julien — Yarol a produit notre premier EP, c’est d’ailleurs lui qui a donné des cours de guitare à Tarka et César aussi.
Alexis — Moi en gros, je suis rentré dans le groupe en janvier 2024. On s’est croisé en concert et ils cherchaient un bassiste et je cherchais à faire du rock. On s’est découvert comme ça et on est devenu méga potes en un rien de temps, instantanément ça a matché. Et de là est né le The Odds que vous connaissez.
Vous aviez déjà fait quelques singles avant 2024 ?
Tarka — Nous [Tarka, César & Julien], on se connaît depuis qu’on a 6 ans. Et ouais, on avait fait 4 singles avant qu’Alexis rejoigne le groupe. Le détail était un peu le déclenchement pour le rock français. C’est trop cool d’écrire en français, il y a vraiment un truc avec la foule qui se passe et qui est pas en train d’être fait autour de nous.
La plupart de vos titres sont en français et quelques-uns en anglais. Pourquoi ce switch ? Il y a des choses que vous préférez dire en anglais ?
Tarka — En fait, l’anglais vient naturellement. Tous les 4, les inspis qu’on a, c’est de l’anglais. Que ce soit les Red Hot pour Alexis, Oasis pour moi, Supertramp pour César et Led Zep pour Julien, c’est que de l’anglais. Après il y a des trucs qu’on aime bien en français comme Téléphone ou BB Brunes. Et puis, on a tous un peu vécu en Angleterre chacun de notre côté donc on a un peu cet attachement avec l’Angleterre aussi. Donc en vrai on se démerde plutôt pas mal en anglais et c’était plus facile au début d’écrire en anglais je pense. Le détail a vraiment créé ce déclic un peu naturel. Avant il y avait Interdit, mais qui parlait pas du tout de la jeunesse qui emmerde le Front National. (rires)
César — L’Interdit, c’est un freestyle de Julien à la base, qui avait décidé de péter un câble complètement sur un micro en l’insultant de tous les noms. Et c’était en français, et d’une certaine manière, c’est la première fois qu’on a fait de la chanson en français.
Votre titre Interdit, c’était pour faire passer un message ?
César — De base, c’était une chanson qui parlait de notre expérience dans la cour de récré de notre école primaire, notre rencontre au final. Puis il y a eu les élections législatives je crois, il y a deux ans.
Alexis — Ouais c’est ça, c’était en juin 2024.
César — Et cette chanson n’était jamais sortie. On la jouait juste en live et c’est vrai qu’on s’est dit on a peut-être une chanson qui a beaucoup d’énergie et qu’on peut utiliser pour justement passer le message qui nous tient à cœur dans le groupe.
Tarka — Et en s’inspirant des Bérurier Noir avec leur slogan mythique dans les années 90 qui nous ont dit « utilisez le slogan, ce slogan appartient à la jeunesse, utilisez-le comme vous le voulez ».
Et du coup, à part Interdit, comment vous écrivez vos textes ? Vous vous inspirez de vos vies ?
Julien — Ouais complètement. On s’inspire de nos vies, de nos expériences. Ça parle beaucoup de meufs en général… mais pas que !
César — Rien à voir, je suis pas d’accord.
Julien — Il est de mauvaise foi.
César — Regarde notre T-shirt. Je ne parle pas de meufs, ça c’est Alexis. Ça parle d’amour en tous cas. On s’embrasse, on s’aime. Moi je parle d’Alexis dans toutes mes chansons, mec. (rires)
Julien — Mais ouais, bien sûr, ça parle de nos expériences en général. C’est plus difficile d’écrire en français je trouve, mais en même temps, c’est plus profond.
« Nous, on fonctionne vraiment à l’amitié en premier. »
Vous parlez de rock français, vous pensez représenter un peu un renouveau du rock français, même s’il y en a encore un peu évidemment. On voit moins de rock en ce moment quand même.
César — D’une certaine manière ouais. Mais le renouveau du rock français comme il a pu exister, je ne pense pas. Il y a forcément des racines qui font que c’est très similaire. On est beaucoup plus cliché qu’on ne le pense. C’est pour ça que tout le monde nous dit qu’on est les BB Brunes (rires). Mais ouais, dans l’énergie, dans les guitares, la batterie, les instruments, en live, tout ça, forcément ça fait rock dans la formation. Mais nous en tout cas, on s’appelle les Odds parce que ça veut dire les bizarres et on a vraiment envie d’essayer d’aller un peu pousser les barrières. C’est pour ça que la fin du concert, ça part un petit peu en techno. Il y a des chansons qui sont plus balades à l’acoustique. On essaye vraiment de pousser les barrières de la musique, apporter un petit peu la pop qu’il y a pas forcément en France et qui est partout à l’international mais qui manque en France… en tout cas la vraie pop rock !
On a vu votre première partie Diabolo Fraiz au Trianon samedi dernier, qui était un petit jeu concours que vous avez organisé via les réseaux. Est-ce que vous vouliez faire votre propre tremplin, faire découvrir des nouveaux groupes ?
Alexis — Complètement. Mais même aussi nous, de découvrir des nouveaux groupes parce que c’est vrai qu’il y en a pas tant que ça en fait, des groupes de rock en français. Et nous, ça nous tenait aussi beaucoup à cœur d’avoir des filles sur scène parce qu’on est 4 gars, mais on soutient carrément l’idée. Elles sont géniales, elles ont l’attitude, elles sont trop fortes et franchement elles vont avoir une super carrière. On est trop content qu’elles aient ouvert pour nous au Trianon, c’est un honneur !
Vous jouez aussi avec les Dynamite Shakers en avril ?
Alexis — Ouais, ouais, à la Clef [salle de concert à Saint-Germain-en-Laye]. Bah pareil, trop content. Moi personnellement, je les ai jamais rencontrés. J’ai trop hâte de les voir.
Tarka — C’est un groupe de rock français, c’est trop cool parce qu’il y en a de plus en plus. Et Dynamite en plus, ça fait un petit moment et là, je crois qu’ils se mettent à fond dans le français et c’est trop cool. À la Clef ça va être bien marrant je pense. On est dans le même délire donc c’est cool. Et il y en a plein, ça commence doucement. Il y a Webb aussi qui marche pas mal avec leur nouveau single. Donc ça fait plaisir de se dire qu’il y a un peu des groupes qui reviennent au goût du jour et que ça remplace pas le rap parce que c’est vraiment un autre délire, mais en tout cas ça revient et ça redevient un peu à la mode. Il y a un truc qui se passe quoi.
Votre live est hyper électrique, hyper énergique et il y a beaucoup d’interactions avec le public, c’est important pour vous ?
Tarka — Bah 100 %. C’est grâce à eux qu’on est là et tout le petit concept qu’on a sur « Pourquoi, pourquoi » de ramener quelqu’un sur scène… déjà ça fait du bien de ne pas jouer à des moments et juste de se dire « allez, si il y a un problème, c’est de ta faute » (rires).
César — On va faire un truc, c’est qu’on va faire une vidéo où on va montrer les parties exactes de chacun. Et comme ça, si jamais il y a des gens qui veulent les apprendre, vous les apprenez, vous nous envoyez une vidéo de vous en train de jouer le truc, on vous fait monter sur scène obligatoirement !
Tarka — Là, il y avait du monde qui était chaud pour monter sur scène. C’est un super concept et on kiffe. C’est pas nouveau, tout le monde le fait, mais c’est trop cool. Et c’est super important cette espèce d’interaction avec les fans. Et c’est grâce à eux qu’on est là.
César — C’est tellement cool d’avoir un concert où c’est un petit peu interactif. C’est déjà super cher un concert aujourd’hui, t’as envie de sortir avec un moment que tu vas pas oublier. Et nous on fait toujours en sorte que le concert ce soit pas juste nous 4, mais que ce soit tout le monde tous ensemble. En plus ces gens ils sont hyper participatifs.

Vous avez un titre préféré à jouer sur scène ?
Alexis — Moi je pense que c’est Drunk On Stage. Souvent, c’est le moment où on revient avec le gros rock de la fin pour tabasser. À chaque fois, il y a une énergie de fou.
Tarka — Là, juste en parlant du Trianon, Gabriella il était vénère, ça fait du bien parce que j’avais même pas besoin de chanter. C’est une nouvelle track donc c’est compliqué, ça fait moins longtemps qu’on la tape. Par exemple, Le détail, on a l’habitude maintenant, c’est toujours trop bien, mais ça fait longtemps. Là, on ne l’a pas forcément au niveau max cette track, mais il s’est passé un truc où tout le monde la connaissait et c’était un peu comme Le détail la première fois qu’on l’a jouée sur scène, il y a eu ce même petit engouement.
Julien — Là au Trianon, Parano. C’est la 2e fois qu’on la joue en live donc vraiment c’est tout récent, elle est sortie il y a 3 semaines. Il y a tellement d’émotions sur cette chanson, et le moment où César réapparaît sur le balcon avec la douche sur Alexis au début, c’est génial. Ça donne un moment à tout le monde et c’est plein d’émotions.
César — Je dirais l’Interdit. Même quand on est parti de scène pour faire le encore, les gens ils chantaient l’Interdit alors qu’on l’avait même pas encore joué. C’est le moment où tout le monde est vraiment sur la même longueur d’onde.
Alexis — C’est un message qui nous dépasse !
César — Heureusement !
Après ce Trianon qui est quand même une salle mythique, comment vous voyez l’avenir ? Peut-être un album, ou un Olympia… ?
César — On n’est pas très loin, c’est tout ce qu’on dira.
Il y a 2 singles de sortis avec une nouvelle direction artistique. Vous travaillez avec des gens, des boîtes de prod, des réal ?
César — On travaille avec un réal depuis novembre qui est notre cher ami Bastien. Et il nous a beaucoup aiguillés. En fait, on travaille beaucoup tous les 4, on fait la majorité des compositions ensemble. Parfois on a certains artistes qui peuvent nous aider sur l’écriture ou sur certaines chansons, etc. Mais en tout cas, Bastien, il a vraiment compris comment on fonctionnait. Nous, on fonctionne vraiment à l’amitié en premier. Il s’est vachement bien intégré au groupe et il nous a vraiment donné de bons conseils pour aiguiller notre musique dans la direction où on avait vraiment envie d’aller.
Tarka — Il nous a un peu mis à notre place chacun, dans un sens où avant on faisait un peu de la musique assez éparpillée, mais là il a vraiment vu chacune de nos qualités. Par exemple à la voix. Avec César, on chante, et César a une voix beaucoup plus aiguë que moi, et il a réussi à capturer nos 2 voix. C’est pas forcément un travail que Bastien a 100 % fait, mais il a réussi à le capturer et c’est un peu cette nouvelle direction artistique.

« On fait de la musique pour tout le monde. On ne fait pas un style particulier. »
Comment vous décririez votre musique à quelqu’un qui ne vous connaît pas du tout ?
César — D’habitude on dit « on est la pop du rock et le rock de la pop ». Mais on va trouver un truc un peu plus marrant, c’est 2026, faut changer.
Tarka — Électrisant. (rires)
César — OK, on va rester sur la pop du rock, le rock de la pop. (rires)
Tarka — On fait de la musique pour tout le monde. On ne fait pas un style particulier. On fait de la pop, on fait du rock, on fait des chansons tristes, on fait des chansons acoustiques. Après, c’est sûr qu’il y a des styles qui nous rapprochent, comme le rock ou la pop. Mais je dirais que pour quelqu’un qui veut nous découvrir, c’est l’énergie, les émotions.
César — En tout cas, si vous avez envie d’écouter de la musique qui met l’amour sur la langue française et qui vous donne envie de sortir et d’aller péter un câble et de sortir un peu de votre zone de confort et de votre quotidien, bah venez nous voir en live. Pas simplement nous écouter sur Spotify, mais en live. Je vous jure, vous serez pas déçus !
« C’est déjà super cher un concert aujourd’hui, t’as envie de sortir avec un moment que tu vas pas oublier. »
